L'Imamat Ismaili: 'poque Contemporaine

Sir Sultan Muhammad Shahinfo-icon, Aga Khaninfo-icon III, traversa au cours de son Imamatinfo-icon, de soixante douze ans, le plus long de l’histoire, une ère remarquablement intense en moments importants. C’était une époque qui vit une transformation de grande portée dans la condition humaine, qui toucha tous les domaines de contribution de l’homme: social, politique, culturel, intellectuel et scientifique. C’était une époque qui fut témoin de l’apogée et du démantèlement de l’aventure impériale européenne. Sa préoccupation d’un bout à l’autre fut le bien-être de sa diverse communauté éparpillée, mais son champ d’action s’étendit aussi bien au progrès des Musulmans en Inde et partout ailleurs, qu’aux autres personnes ordinaires en situation difficile n’importe où, résumant ainsi son souci généralisé pour le respect de la dignité humaine.
 
La deuxième moitié tardive du dix neuvième siècle fut une période de grande anxiété et de crainte pour les Indiens Musulmans. Ils étaient mal préparés pour faire face aux nouveaux défis ou pour profiter des nouvelles opportunités d’ascension sociale et de représentation politique, qui commençaient à émerger. Un récent rapport gouvernemental a décrit les Musulmans comme étant en retard en matière d’éducation. Pour sauvegarder leurs intérêts, l’Aga Khan mis en place une longue campagne pleine de succès pour le principe d’une représentation musulmane en tant qu’entité distincte, dans la législation indienne. Cependant, comme pour d’autres Musulmans prévoyants, la lutte contre l’ignorance devint sa passionnante priorité. 
 
A partir de chaque plateforme, il plaida gratuitement, de manière universelle, en donnant une priorité fonctionnelle à l’éducation; améliora les écoles secondaires pour les Musulmans, et prit les dispositions pour favoriser les bourses gouvernementales et privées pour permettre aux étudiants Musulmans talentueux d’étudier en Angleterre, en Europe, en Amérique et au Japon afin "qu’ils puissent acquérir les différentes technologies dans le prestigieux Commonwealth industriel". 
 
Il s’assura rigoureusement que les hommes et les femmes Musulmans profitaient équitablement des bénéfices de l’éducation. Lorsque les ressources économiques d’une famille étaient limitées, il plaçait une plus grande priorité à l’éducation de la fille. Une mère instruite éduquera la famille. Il compara les hommes et les femmes aux deux poumons dans un corps. Affaiblir un des poumons revenait à affaiblir le corps entier. 
 
C’est dans la poursuite de sa conception de l’éducation que l’Aga Khan se dédia au projet de transformer, avec succès, le Collège Anglo-Oriental Muhammadan à Aligarh, en une université pilote, asiatique. Il envisagea l’Université Aligarh comme "un capital intellectuel et moral" pour les Musulmans, une université qui aurait "prêché l’évangile de la libre recherche, d’une grande tolérance et d’une moralité parfaite".
 
La croisade de l’Aga Khan pour l’éducation ne fut jamais paroissiale. Il accueillit avec chaleur la proposition de l’installation de l’université Hindou de Bénarès, déclarant sa conviction du bienfait qui en résulterait de "chaque mouvement qui apportait une meilleure variété intellectuelle dans le pays. De telles contributions intellectuelles vont rendre à terme les Indiens plus tolérants". Son intérêt pour l’éducation n’était pas non plus confiné à l’inde. Il appuya, par exemple, la création du Gordon Mémorial Collège au Soudan, lequel évolua plus tard en Université de Khartoum.
 
La situation difficile des autochtones musulmans en Afrique préoccupa énormément l’Aga Khan. Leur retard maladif en matière d’éducation les excluait du progrès sur le plan économique, social, culturel ou politique. Dans un discours évocateur à la conférence des Musulmans de l’Afrique de l’Est à Mombasa, Kenya en 1945, il lança un sérieux défi aux bienfaisants musulmans non-autochtones. En traçant un plan d’action pour écarter les tragédies, il s’engagea à contribuer une livre sterling pour la donation de chaque livre sterling par les Musulmans non-Ismailis. Au moment de sa mort en juillet 1957, la Société de Bienfaisance Musulmane de l’Afrique de l’Est avait construit plusieurs écoles, mosquées, cliniques de santé et une polytechnique d’éducation supérieure en Afrique de l’Est, largement dû à sa générosité et ses conseils continuels. 
 
L’Imamat Ismaili est complètement au-dessus, et indépendant, de la politique et de toutes allégeances politiques. Son profond engagement, malgré tout, aux idéaux Islamiques de fraternité de l’homme, la paix entre les nations et le respect de la dignité de l’homme, poussa l’Aga Khan III à exercer un rôle d’homme d’état dans la scène mondial. Il conclut des amitiés parmi différentes communautés en Inde, en Afrique et ailleurs. Sa défense énergique contre l’empiétement de l’Europe sur la Turquie après la première guerre mondiale était motivée par le désir d’une paix juste et équitable, et non par un intérêt réel de voir une Turquie mutilée, provoquer un outrage contre l’Ouest dans tout le monde musulman. Il joua un rôle important dans l’évolution politique du sous-continent Indien, et fut un délégué à la conférence de la table ronde à Londres dans les années 1930. En tant que Président de la ligue des nations de 1937 à 1939, et par le biais d’autres forums, il chercha des solutions pacifiques aux problèmes, l’émancipation des Musulmans et autres nations contre le joug colonial et une compréhension mutuelle parmi les nations de cultures différentes comme base d’une paix durable. 
 
L’implication de Sir Sultan Muhammad Shah III dans le monde des affaires fut à l’origine d’une tradition familiale de service international. Son fils aîné, le Prince Aly Khan, servit comme Ambassadeur du Pakistan auprès des Nations Unis. Son fils cadet, l’oncle de l’actuel Aga Khan, le Prince Sadruddin, a été Haut Commissaire des Nations Unis auprès des réfugiés, Coordinateur des Nations Unis pour l’assistance à l’Afghanistan et Délégué Exécutif du Secrétaire Général pour un programme humanitaire des Nations Unis dans les régions frontalières de l’Irak-Kowet, l’Irak-Iran, et l’Irak-Turquie. Le frère de l’actuel Aga Khan, le Prince Amyn, entra au Secrétariat des Nations Unis après sa graduation à Harvard en 1965, avant de rejoindre le Secrétariat de l’Aga Khan en 1968 et d’être fortement impliqué dans le développement des activités de l’Imamat. 
 
Le souci permanent de l’Aga Khan, tout au long de sa carrière, a été le bien-être de sa propre communauté ismaili. Son leadership éclairé ainsi que la réaction enthousiaste de sa communauté à ses directives, permirent à cette dernière de rentrer dans une période de remarquable progrès dans le domaine de la santé, de l’éducation, du logement, du commerce et de l’industrie. Pour faire face aux besoins de la communauté en Asie du Sud et en Afrique de l’Est, des réseaux de cliniques de la santé, d’hôpitaux, d’écoles, d’hôtels, de sociétés de coopérative, de trusts d’investissements, de sociétés d’épargne et de constructions et des compagnies d’assurances furent créés. La période de l’Imamat a été critique dans l’histoire moderne de la communauté. Son leadership lui a permis de s’adapter au changement de l’histoire. 
 
Il se reposa sur la tradition musulmane d’une éthique communautaire d’une part, et sur une conscience individuelle responsable, ayant la liberté de négocier son propre engagement moral et destiné, d’autre part, pour créer de nouvelles structures organisationnelles comme un moyen d’avancée dans le vingtième siècle. En 1905, il décréta la première Constitution Ismaili pour la gouvernance sociale de la communauté en Afrique de l’Est. Elle donna à la communauté une forme d’administration comprenant une hiérarchie de conseils à des niveaux locaux, régionaux et nationaux. Elle mis également en place des règles de lois personnelles dans des domaines tels que le mariage, le divorce et la succession et procura des lignes de conduite pour la coopération mutuelle et l’entraide entre les Ismailis et leur interface avec d’autres communautés. Des constitutions similaires furent promulguées dans le sous continent Indien. Elles furent toutes périodiquement révisées à la lumière des nouveaux besoins et circonstances. 
 
Cette tradition a continué sous le leadership de son successeur. L’Aga Khan IV, l’actuel Imaminfo-icon, a étendu cette pratique à d’autres régions, depuis les Etats-Unis, le Canada et plusieurs pays Européens, à l’Asie de l’Est et du Sud, le Golfe et l’Iran, en suivant un processus de consultations dans chaque circonscription respective. En 1986, il promulgua une constitution qui, pour la première fois, rassembla sous une égide, la gouvernance sociale de la communauté ismaili du monde entier, avec une flexibilité interne tenant compte des diversités régionales. Servie par des volontaires nommés et responsables devant l’Imam, la Constitution fonctionne en donnant la possibilité d’exploiter la meilleure créativité individuelle de promouvoir le bien être commun, dans un éthos de responsabilité de groupe. Comme les précédentes, la Constitution est basée sur l’allégeance spirituelle de chaque Ismaili envers l’Imam du temps présent, qui est séparé de l’allégeance séculaire qu’ils doivent en temps que citoyens à leurs entités nationales respectives. Alors que la Constitution sert en priorité les besoins de l’administration sociale de la communauté Ismaili, ses dispositions pour encourager une résolution amicale des conflits par le biais d’une conciliation et d’un arbitrage impartial, sont de plus en plus utilisées dans certains pays par des non Ismaili également. 
 
La période contemporaine
 
Sir Sultan Muhammad Shah Aga Khan III décéda le 11 juillet 1957, en ayant désigné son petit-fils, le Prince Karim, pour le succéder en tant que 49ième Imam héréditaire de la communauté musulmane Shiainfo-icon Ismaili, installée dans plus de vingt cinq pays, la plupart dans les pays en voie de développement, mais ayant également une présence substantielle dans le monde industrialisé d’aujourd’hui. Le Prince Karim Aga Khan IV avait vingt ans au moment de son ascension. En reconnaissance à sa position de leader d’une importante communauté musulmane largement éparpillée dans le Commonwealth et au-delà, la Reine Elisabeth l’honora également du titre de Son Altesse. Il fut diplômé avec une mention spéciale à l’université de Harvard en Histoire Islamique, deux ans plus tard en 1959. 
 
En moins de deux décades et demi de sa succession à l’Imamat, presque toute l’Afrique devint indépendante. Des changements politiques significatifs se produirent également en Asie. Le processus de changement était ponctué par de sérieuses crises; l’expulsion de Burma de ses résidents non autochtones; la guerre civile au Pakistan dont a résulté la création du Bengladesh; l’expulsion de l’entière population asiatique de l’Ouganda, sous la dictature brutale de Idi Amin; et l’exode du Mozambique de toute sa population non autochtones dû à la plus complète rupture de la loi et de l’ordre durant la période dominant l’indépendance du pays. 
 
Par conséquent, l’Aga Khan IV, plus que son grand père, eut à traiter avec multiples gouvernements ayant leurs propres aspirations. L’adaptation au changement, a été une caractéristique consistante de la période depuis 1957. De nouvelles crises apparurent: l’éruption de violentes animosités ethniques, comme au Tadjikistan, suite à la chute de l’Union Soviétique, et une violence continuelle en Afghanistan. Comme pour les crises précédentes, des mesures humanitaires urgentes ont dû être prises incluant, quand il était nécessaire, la réinstallation des populations délocalisées dans les régions concernées ou en Europe et en Amérique du Nord. Dû à ces changements rapides des circonstances locales et nationales vécues par la communauté ismailie dans le monde entier depuis 1957, l’Aga Khan IV s’est soustrait de son implication directe et personnelle avec les agences internationales telles que les Nations Unis, et a remplacé les rôles directs et personnels qui étaient tenus dans le passé par son grand-père et les autres membres de sa famille, par de nouvelles relations entre ces agences et l’état major de l’Imamat Ismaili. 
 
Sous le leadership de l’Aga Khan IV, les institutions de l’Imamat se sont, ainsi, développées bien au-delà du noyau géographique et de l’envergure de leurs activités originelles. L’impulsion qui les a soutenu, et a modelé la conscience sociale de sa communauté, l’Aga Khan l’a expliqué dans ses maintes déclarations, reste la même éthique musulmane de compassion pour les vulnérables dans la société. Plusieurs nouvelles institutions ont été fondées, reflétant la complexité actuelle du processus de développement. La Fondation Aga Khan, incluant les programmes Aga Khan de support de développement rural, et de support de développement des sociétés de montagnes, l’Université Aga Khan, les Services de santé Aga Khan, les Services d’éducation Aga Khan et les Services de Planning et Construction Aga Khan opèrent dans le développement social. Les activités économiques sont du ressort du Fond Aga Khan pour le développement économique incluant ses filiales de Services de promotion en tourisme, industrielle et activités financières. Le Trust Aga Khan pour la culture coordonne les activités culturelles de l’Imamat. Sous son égide se trouvent le Prix Aga Khan pour l’Architecture, le Programme Aga Khan pour l’Architecture Islamique à Harvard et à l’Institut Technologique de Massachusets, et le Programme de Support des Cités Historiques. Les problèmes relatifs à la construction dans le Monde en développement reste le centre d’intérêt du Trust, particulièrement dans les sociétés où les Musulmans sont présents.