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    Le célèbre savant persan du 13eme siècle Nasir al-Din Tusi (1201-1274), fut l'un des plus éminents érudits musulmans et scientifiques de l'époque médiévale. Tusi s’est consacré depuis son plus jeune âge à la recherche de la connaissance et de la vérité. Au cours de sa longue et brillante carrière, d'abord sous le patronage des Ismailis dans leurs forteresses en Perse et plus tard au service des Mongols conquérants, il a produit plus de 150 œuvres sur une multitude de sujets depuis la théologie et la philosophie, aux mathématiques et à l'astronomie.

    Dans cette publication, le Docteur Jalal Badakhchani a rassemblé les éditions capitales et leurs traductions en anglais, des trois œuvres Ismailis les plus courtes de Tusi, à savoir Solidarity and Dissociation (Solidarité et Dissociation) (Tawalla wa tabarra), Desideratum of the Faithful (Desideratum du Fidèle) et (Matlub al-mu'minin), Origin and Destination (Origine et la Destination) (Aghaz wa anjam). Dans ces traités, Tusi apporte des interprétations philosophiques concises sur les principaux motivations de la pensée Ismaili, avec une référence particulière à la condition existentielle des êtres humains, leur origine et nature primordiale, leur existence terrestre et leur destin dans l'Au-delà

    La Tawalla wa tabarra est fondée sur la notion intégrale de la solidarité et de la dissociation, basée sur une tradition attribuée au Prophète Mahomet :   « La Religion est l'amour et la haine de Dieu ». Tusi se solidarise avec les Imams et se dissocie de tout ce qui le sépare d’eux, la condition indispensable à la recherche de la vérité. De la façon dont il est décrit par Tusi, ce principe correspond au principe Shi'i de walayainfo-icon, le premier pilier de l'Islam des Ismailis Shi’a, tel que défini par le chef da‘i Fatimide al-Qadi al-Numan dans le chapitre d'ouverture de son Da'a im al-Islam. Fondamentalement, le walaya exige la reconnaissance que les Imams descendent d ' Ali b.Abi Talib et la démonstration d’une dévotion et d’une obéissance absolue envers eux. L’objectif de Tusi, dans ce traité, n’est pas de réaffirmer un principe théologique bien établi de l'Islam shiiteinfo-icon, mais surtout de délimiter le processus interne, psychologique et spirituel par lequel la solidarité pourra être cultivée et atteinte par un individu.

    Le second traité, Matlub al-mu'minin, est le développement des principaux thèmes introduits dans le Tawalla, rappelant au lecteur les essentiels de la foi, tels que la reconnaissance de l'Imaminfo-icon, les conditions de la fidélité, la solidarité et la dissociation, le degré de certitude, etc... Mais contrairement à la brièveté de la Tawalla, celui-ci est un texte plus long avec quatre chapitres et des points de vue de Tusi, beaucoup plus axés sur l'idée de l'origine et de la destination (mabda’wa ma‘ad) ou, dans ses mots: « D’où vient l’homme, pourquoi vient-il, et vers où se dirige-t-il? » En outre, le Matlub va beaucoup plus loin dans son chapitre final, avec une discussion sur les sept piliers de l'Islam Shi'i Ismaili. Comme ses prédécesseurs Fatimides, Tusi fournit les deux significations, à la fois exotérique et ésotérique, des rituels religieux comme la prière, le jeûne, le pèlerinage. Il est prudent en déclarant que l'observation des pratiques de la shari‘ainfo-icon est obligatoire pour tous les Ismailis, mais ces pratiques doivent s’effectuer sous les deux aspects, l’exotérique et l’ésotérique.

    Le troisième et le plus long des traités réunis dans ce volume, l' Aghaz wa anjam, est remarquable pour l’exégèse philosophique de la doctrine Coranique du Qiyama (Résurrection) par Tusi. Avant d’amorcer son débat, Tusi reconnaît la difficulté d'écrire sur l'au-delà, notamment parce que son intention est de rédiger un récit « non pas écrit par des universitaires, mais par un « homme inspiré’ ».

    Dans les quatre premiers chapitres, il établit les bases intellectuelles en explorant les questions de fond sur l'origine humaine et sa destination, l’existence et l'inexistence, la perfection et la déficience, la relation entre le monde corporel et spirituel, le caché et le manifeste, la nature du temps et de l'espace, etc... Dans les chapitres qui suivent, il enchaine sur un large éventail de thèmes eschatologiques depuis les sonneries de la Trompette et le rassemblement pour la Résurrection, la lecture du Défilement des Actes, le Ciel et l'Enfer, les anges et les diables, les rivières du Paradis, l'Arbre de Bliss et son contraire l'arbre Infernal.

    Tusi a conclu l’Aghaz avec un message central qui apparaît dans toutes ses œuvres Ismailis ; que toutes les personnes de ce monde qui ont atteint la certitude absolue de l'unité de l'objet avec le Divin sont déjà ressuscitées et libérées dans l'esprit. Apparemment pour Tusi, l'essence de ce message est encapsulé dans la célèbre tradition prophétique qu’il cite dans l’Aghaz, Tawalla et Matlub : « Ce monde est interdit aux personnes de l'Au-delà et l'Au-delà est interdit aux personnes de ce monde et tous deux sont strictement interdit au peuple de Dieu ». Tout au long de son discours, Tusi maintient un très subtil équilibre dialectique entre les lectures exotérique et ésotériques du Coran, entre la fidélité à la lettre du texte et son sens spirituel interne.

    Alors que l'herméneutique du Tusi est compatible avec les enseignements Coraniques, les conclusions qu’il en tire sont, à certains égards, assez distincts de ceux des auteurs sunnites et Shiites duodécimains.

  • Acknowledgements xi
    Introduction  
    The author and his works 1
    The doctrine of qiyama 8
    Tawalla wa tabarra 14
    Matlub al-mu’minin 16
    Aghaz wa anjam 17
    Note on the edition and translation 20
    The Translations  
    Tawalla wa tabarra: Solidarity and Dissociation 23
    Matlub al-mu’minin: Desideratum of the Faithful 33
    Aghaz wa anjam: Origin and Destination 45
       
    Bibliography 89
    Index 93

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