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Les Erudits d’IIS présentent une Lecture Alternative à la Qiyama dans l'Histoire Ismaili

1 octobre 2013

Dr Miklos SarkozyLe panel d’intervenants s’est composé de trois conférenciers, dont le Dr Sarkosy, qui s’est exprimé sur le thème du Messianism and Occultism in Islamic History I: Synthesising Religious and Political Authority (Messianisme et Occultisme dans l’Histoire Islamique I : Synthèse des Autorités Religieuses et Politiques). Bien que le messianisme et l’occultisme se soient avérés être des discours prônés par les autorités sociales et politiques pour les classes des élites et le peuple; les deux discours se retrouvent être au centre de diverses tentatives de synthèses réalisées par les autorités politiques et religieuses dans l’histoire de l’Islam – ils sont souvent mis à l’écart des historiographies datant de l’époque, et traités comme des phénomènes marginaux, ou comme des preuves de la décadence des cultures Islamiques postérieures. Les écrits présentés par le panel vont dans le sens d’une accréditation de cette hypothèse, vue à travers une pluralité d’angles.

Représentant l’Institut, le Dr Sakorsy a ouvert la conférence avec la proclamation de la Qiyama, le Temps de la Résurrection, avec une emphase portée sur ses dimensions politiques, plutôt que sur ses dimensions religieuses, qui sont plus connues. Dans un article intitulé :Response to Rivalry and Decline: The Political Circumstances of and Reasons for the Announcement of the Qiyama in 1164,( Réponse à la Rivalité et au Déclin : les Circonstances Politiques et les Raisons de l’Annonciation de la Qiyama en 1164),le Dr Sarkozy a considéré la Qiyama, comme étant « l’évènement spirituel le plus important survenu lors du bref règne d’Hasan II », qui a initié une nouvelle phase dans l’histoire des Nizarisinfo-icon de la période Alamute (1090-1256 ap. JC).

Le Dr Sarkozy a décrit la manière dont, après de nombreuses préparations et lors d’une cérémonie solennelle tenue à Alamutinfo-icon le 8 août 1164 ap. JC, et en présence de plusieurs représentations de bastions Nizaris convoqués à cette occasion, Hassan II a délivré la Khutbainfo-icon et donné de nouvelles instructions provenant de l’Imaminfo-icon Nizari caché. Selon cette décision, la communauté Nizari a été soumise à la Qiyama – la Résurrection avait commencé.

Le Dr Sarkozy a avancé que, sur la base de chroniques Caspiennes et de sources faisant référence aux dernières décennies de la période Saljuqinfo-icon, on pourrait supposer que de fortes motivations politiques se retrouvaient derrière l’annonciation de la Qiyama, mettant en évidence des événements historiques importants s’étant déroulés durant cette période.

En révélant la Qiyama, le Dr Miklos Sarkozy a avancé qu’Hasan II a pu profiter ainsi de la faiblesse observée par le Califat de l’Empire Fatimide d’Égypte. En 1164 ap. JC, les contemporains de l’époque ont été témoins de la destruction de l’Empire Saljuq Oriental du Sultan Sanjar, dont le royaume a été entièrement dévasté par les ravageuses tribus Ughuz. Cette situation a créé un vide politique significatif, comblé par la suite et quelques décennies plus tard, par l’Empire Khwarizmian.

Le décès du Sultan Sanjar a marqué la fin d’un pouvoir local important et menaçant, exercé sur l’État d’Alamut. Le Dr Sarkozy a suggéré que la déclaration de la Qiyama par Hasan II, pourrait être perçue comme une tentative audacieuse d’étendre son influence politique, en renforçant sa position, à la fois sur les territoires caspiens, et sur le Quhistan, dirigé principalement par les Saljûq.

Parmi les autres sujets de discussion, il y a eu l’annulation des rivalités et des hostilités observées à l’intérieur et à l’extérieur de la communauté Ismaili dans le nord de l’Iran. « Il est bien connu que le règne d’Hasan II entre 1162 et 1166 ap. JC, ne s’est pas déroulé sans heurts et a même connu des oppositions locales significatives; Hassan II a pu avoir pour objectif de renforcer sa propre position contre ses opposants œuvrant au sein même de la communauté » a dit le Dr Sarkozy.

L’autre motivation qui aurait incité Hasan II à déclarer la Qiyama, pourrait être la présence de rivaux non-Nizaris sur les provinces Caspiennes. Le pouvoir anti-Ismaili, le plus redoutable et le plus efficace, a été celui du Royaume Bawandid, qui avait régulièrement et farouchement attaqué avec un succès relatif, les bastions Ismaili du nord de l’Iran durant ces décennies. Le pouvoir Bawandid a atteint son apogée sous Shah Ghazi Rustam, qui a régné entre 1141-1165 ap J.C, et la fin de son règne a pratiquement coïncidé avec l’annonciation de la Qiyama.

Les autres intervenants du panel ont présenté l’émergence du messianisme comme un important problème politique observé dans l’Iran Timuride. Une étude de cas s’est portée sur certains traités s’appuyant sur des lettres astrologiques magiques, écrites à l’intention de membres royaux indiens, et plaidant l’hypothèse d’une centralité des discours occultes dans la pratique politique observée au XVème siècle en Iran et en Inde.

Le Dr Sarkozy va collaborer avec l’IIS jusqu’à la fin de l’année 2013. Il s’est spécialisé sur l’histoire de la politique régionale de l’État des Ismaili Nizari, et ses royaumes voisins de l’Iran du Nord, notamment les provinces Caspiennes de Gilan et Tabaristan (Mazandaran) entre le XIème et le XIIIème siècle. Le Dr Sarkozy a publié des articles en hongrois, en anglais et en perse, incluant ses études portant sur l’histoire Médiévale de l’Iran du Nord et sur les relations hongro-iraniennes. En 2012, il a contribué à l’Encyclopaedia Iranica.