Nasir al-Din al-Tusi et l’Astronomie

 
Nasir al-Dininfo-icon al-Tusi est né en février 1201 et il est mort à Bagdad en juin 1274. Durant sa vie, il a été le témoin de l'existence de nombreuses célébrités telles que : Roger Bacon, Ibn ' Arabi, Moïse Maïmonide, Thomas d'Aquin, Ibn Taymiyya, Gregory Chioniades et Levi ben Gerson. Tusi a acquis le titre honorifique de Khwaja (chercheur éminent et enseignant) de son vivant. Après sa mort, son influence a persisté dans des domaines aussi divers que l'éthique, la philosophie, les mathématiques, la logique et l'astronomie, et il a fini par être connu sous le nom d’ustadh al-Bachar (enseignant de l'humanité) et al-mu‘allim al-thalith (le troisième enseignant, c'est-à-dire après Aristote et al-Farabi). 

Quand il était un jeune garçon, Nasir al-Din a été encouragé par son père à étudier toutes « les branches du savoir et à écouter les avis des disciples des diverses sectes et doctrines » ; ainsi, Tusi a voyagé pour étudier avec les enseignants de son choix. Ses études terminées, Tusi a reçu les faveurs des dirigeants Ismailis d’Alamutinfo-icon, où il a passé plusieurs années à composer certaines de ses œuvres parmi les plus importantes. Comme l’a souligné Ragep : « ... une grande partie du travail le plus créatif et le plus original de Tusi a été composé alors qu’il était au service de Nasir al-Din Muhtasham [chef des Ismailis] dans le Quhistan (ca. 630 AH /1232 or 1233 CE – ca. 643 AH / 1245 or 1246 CE). 

 
Special stamp issued in Azerbaijan on the 800th anniversary of Tusi's birth.
Page from a manuscript of Birjandi's commentary (Sharh) on Tusi's Tadhkira, dated 1673-74 CE from the collection of the Institute of Ismaili Studies, Ms. 596. La contribution de Nasir al-Din al-Tusi à l’histoire intellectuelle de l'Islam post-XIIIe siècle est monumentale, et plusieurs de ses œuvres sont devenues la norme dans une variété de disciplines jusqu'à l'époque moderne. Parmi ses œuvres sur l'astronomie, il y a al-Tadhkirainfo-icon fi ‘ilminfo-icon al-hay’a ( Mémoires sur la Science de l'Astronomie >), dans lequel Tusi tente de donner un compte-rendu cohérent et unifié de l’astronomie, un livre utile aux étudiants de la matière comme aux non spécialistes. La Tadhkira est inspirée de l'une des œuvres Perses de Tusi, le Risalah-i Mu'iniyya, qu’il a écrit durant le début de son séjour dans le bastion des Ismailis à Quhistan.

Les Mémoires ont eu une influence considérable sur l'histoire ultérieure de l'astronomie ; le nombre important de copies du manuscrit de ce texte ainsi que le grand nombre de commentaires écrits sur le Tadhkira sont un témoignage silencieux. Au moins quatorze commentaires et super-commentaires sont connus. Certains de ces commentaires discutent de questions qui ont à peine été effleurées par Tusi, ce qui rend ces travaux très originaux, offrant de nouvelles solutions à des sujets tels que la relation entre la théorie et l'observation et le rôle de la physique dans l’astronomie. Un commentaire tel que celui de ‘Abd al-‘Ali b. Muhammad b. Husayn al-Birjandi, intitulé Sharh al-Tadhkira Birjandi, a été complété en 1507-08 CE. Un manuscrit, datant de 1673-74 CE, du commentaire d'al-Birjandi fait partie de la la collection de l'Institut des Études Ismaili.

Set of three stamps issued in Iran on the 700th anniversary of Tusi's death.

L'influence des travaux astronomiques de Tusi ont également touché des cultures au-delà des frontières de l'Islam. Ses recensions arabes de l'Almageste de Ptolémée et des Eléments d'Euclide ont été traduites en Sanskrit dans les années 1720 et 1730. La traduction Sanskrit d'une partie du commentaire de Birjandi sur la Tadhkira est encore plus intéressante. Cette traduction, par l'érudit Sanskrit Nayanasukha, ne se porte pas sur la totalité du texte, mais seulement sur le chapitre onze du deuxième livre, dans lequel Nasir al-Din al-Tusi traite d’un dispositif appelé le « couple Tusi » et de son application. L'impact de la Tadhkira peut aussi être détecté en Occident, et une récente recherche a fourni la preuve de contacts entre l’astronomie de la fin de l’époque médiévale islamique et celle de la Renaissance.

Par exemple, le « couple Tusi' » a été présenté par Nicolas Copernic dans son De revolutionibus, et un autre manuscrit astronomique, retrouvé en Italie vers CE 1475, comprend un traité parlant de la théorie planétaire qui contient des  diagrammes d'un modèle  lunaire et du  « couple de Tusi ». Quelle que soit l'issue du débat concernant l'interrelation entre l'astronomie islamique et celle de la Renaissance, le rôle et l'influence de Nasir al-Din al-Tusi dans l'histoire de l'astronomie semble confirmés.

Il s'agit d'une version d'un article paru dans la mise à jour IIS en 2010.

Cet article apporte une brève indication de l’historique de la vie, de l’éducation et des œuvres de Nasir...